Adaptation

Publié le par Sarah Nicoud

Cette semaine c’est l’adaptation à la crèche pour Mathilde. Adaptation progressive : 2x 1h, puis 3h, 5h, 7h pour finir par une journée complète pour mon 1er jour de travail. De mon côté j’ai donc aussi 3h, 5h, 7h seule pour me préparer psychologiquement à rependre du travail et à ne plus être avec ma fille toute la journée ! Pas facile.

Cette crèche nous la connaissons bien. Elle avait accueilli Zoé à l’âge de 9 mois jusqu’à son entrée à l’école. Nous connaissons le personnel que nous apprécions, et depuis le départ de Zoé nous croisons dans notre quartier, certaine de ces personnes ce qui nous permettait d’échanger des nouvelles régulièrement. Le contact n’a donc jamais été rompu. C’est donc tout naturellement que nous avons fait une demande d’inscription pour cette structure lorsque j’étais enceinte. Nous étions conscients qu’il nous serait difficile d’obtenir une place pour Janvier, peut-être même d’obtenir une place tout court et nous étions prêts à accepter de confier notre fille à une assistante maternelle, même si c’était à contrecœur… Lorsque Mathilde est née, il n’était plus envisageable pour nous d’avoir un autre mode de garde que cette crèche (qui avait par ailleurs déjà accueilli une petite fille porteuse d’une trisomie 21). Nous voulions, comme il nous avait été recommandé, la sociabiliser le plus tôt possible, et surtout nous voulions qu’elle soit gardée par des personnes en qui nous avions toute confiance. Nous avons donc contacté la mairie pour expliquer notre situation et une place nous a été attribuée. Merci à la mairie de notre commune, particulièrement à l’adjointe à la petite enfance, qui a su être à l’écoute et se rendre disponible et qui a une réelle volonté d’aider les parents.

Compte tenu des circonstances nous ne pouvions espérer mieux. Pourtant, lorsque j’ai amené Mathilde pour la 1ère fois à la crèche, je ne pouvais m’empêcher de penser que sans son handicap, nous n’aurions probablement pas eu cette place aussi facilement. Ca pose les choses, encore une fois. Et cette ambiguïté en moi : je suis reconnaissance pour cette place en crèche, je suis triste des circonstances qui nous l’ont fait obtenir. Je me réjouis qu’une mairie favorise l’intégration d’enfants porteurs de handicap, j’aurais préféré ne pas être directement concernée.

Cette semaine d’adaptation est aussi pour moi une semaine de transition, de préparation, à réintégrer la vie « normale ». Dans la bulle où j’étais avec Mathilde je pouvais choisir de me protéger de ce qui pouvait me faire du mal : femmes enceintes, familles aux enfants bien portants, impression parfois, avec mes préoccupations, d’être en décalage complet avec la vie des autres gens…

Mathilde ne va pas être la seule à devoir d’adapter, sa maman aussi !

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Publié dans Au fil des jours

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M
C'est important de pouvoir avoir confiance dans les personnes qui vont s'occuper de ta puce. Je suis persuadée que pour Mathilde, ça va aller comme sur des roulettes! c'est toujours pour Maman que c'est le plus difficile... Courage pour cette semaine délicate, et pour la reprise du boulot! On pense à vous, on vous embrasse.
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